19.05.2009
Parisianisme
La FPS, tout à propos, nous demandait si l'on se définissait comme parisiens maintenant. Alors j'ai dit non puisqu'on habite dans le trou de prout-prout land. Alors elle a demandé si l'on se sentait parisiens.
C'était avant de regarder le film Paris de Cédric Klapisch.
Il y a plus mauvais, il y a les Chansons d'amour de Christophe Honoré.
Certains ne l'auront certainement pas vu, les chanceux, alors je vais totalement spoiler le film.
Avec une réalisation digne des années 80, en première partie, nous avons Louis Garrel, Ludivine Sagnier et Clotilde Hesme qui copulent tous les 3 ensemble. A la fin de la première partie, Ludivine Sagnier meurt. Dans les films bobo parisiens, on ne s'embête pas avec les détails, alors elle fait juste une rupture d'anévrisme en sortie de boîte, clap c'est fini.
Dans la deuxième partie, Louis Garrel et Clotilde Hesme se rendent compte qu'ils n'avaient rien d'autre en commun que Ludivine Sagnier et décident donc de ne plus se voir.
Dans la troisième partie, Clotilde Hesme sort avec un breton, et Louis Garrel devient homosexuel avec le frère du breton.
Que vient faire Paris là-dedans ? On nous filme tout le temps la Bastille et le quartier du Canal Saint Martin. La critique bobo parisienne a hurlé au génie, nous, on s'est ennuyés comme des rats morts devant un scénario aussi pitoyable, une réalisation pitoyable et un jeu d'acteurs affligeant.
Dimanche soir, nous avons vu Paris.
Romain Duris découvre au début du film que son coeur doit être changé donc il attend une greffe tranquillement dans son appart. Appart qui s'agrandit au fur et à mesure du film puisque sa soeur Juliette Binoche vient y emménager avec ses 3 gosses. Et qu'à la fin, ils font une méga fête avec plein de gens et qu'il y a plein de nouvelles pièces. Entre temps, on a Karin Viard en boulangère raciste snob, Albert Dupontel en vendeur de légumes sur les marchés avec ses deux potes et son ex Julie Ferrier qui meurt d'un seul coup d'un accident de moto où la moto reste debout, n'a même pas l'once d'une fourche tordue mais la pilote en ayant volé à peine 20 mètres car le champ de caméra devait être trop court meurt en tombant comme une crêpe sans tournebouler, c'est très fort. Et sinon on a Luchini qui se tape Mélanie Laurent qui elle se tape aussi un autre gars.
Tous ces petits gens sont vus à un moment ou un autre par Romain Duris. A la fin du film, Duris prend un taxi pour aller se faire greffer un coeur, il passe à Bastille, puis le taxi passe le périph et Romain Duris meurt.
On retrouve les mêmes éléments de dialogues creux, d'acteurs qui n'y croient pas, de Paris qui se résume à Belleville et à Bastille, les appartements immenses plein de bouquins et de canapés et ce scénario vide.
La conclusion qui m'a le plus plu dans Paris, c'est que Romain Duris meurt en passant le periph.
Alors non, nous ne sommes pas parisiens.
Paris, pour moi, c'est une infinité de quartiers, ça ne résume pas à la rive droite, et ça existe aussi parce qu'il y a quelquechose derrière le periph.
Et parce qu'on est beaucoup moins nombriliste. Le propre du bobo qui se déclare bobo c'est de dire par ce moyen qu'il est à l'aise financièrement et qu'il est trop libre de ses mouvements grâce à ça.
De la branlette intellectuallo-parisianno-snob.
Pourtant Paris c'est beau. Mais pas comme ça.
16:52 Publié dans Petit et Grand écran, People | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : paris, klapisch, les chansons d'amour, honoré



Commentaires
Ah je vois tout à fait ce que tu veux dire !!!
Comme dans la série Clara Sheller qui habite dans le it quartier de Paris, sors forcément faire son marché un Darel au bras, t'as un appart hyper grand dans un immeuble Haussmanien parquet ancien et grandes fenêtres, patio en option.
Forcément à côté, tous les provinciaux passent pour des ploucs.
Louis Garrel = beurk et Ludivine Sagnier = rebeurk alors les 2 dans le même film OMG.
Ecrit par : Anouchka | 19.05.2009
Moi j'ai pas l'impression de passer pour une plouc, je pense surtout que ces les parisiens qui ont l'air bête avec leurs problèmes existentiels dans leurs appartements hyper bruyants, et bordéliques :P
Ecrit par : Cracotte | 19.05.2009
"j'aime plus Paris, non mais on s'prend pour qui ?"
Ecrit par : Titi | 19.05.2009
Donc, si j'ai bien compris, la vie parisienne consisterait à copuler copieusement avec de multiples partenaires puis à mourir. Sur un fauteuil Louis XVI. On peut pas faire ça en Province où l'immobilier est un peu moins cher ?
Ecrit par : La Grenouille-Rosbif | 20.05.2009
Non parce qu'il faut avoir un balcon pour espionner son voisin et il faut pouvoir respirer de la bonne pollution en marchant sur des boulevards devenus déserts pour l'occasion. Et ne se déplacer qu'en taxi. Et se planter sur le sacré coeur avec une de ses conquêtes.
Tout un programme !
Ecrit par : Cracotte | 20.05.2009
Ah OK. Décidément, j'ai rien compris à la vie, moi. (et je ne sais toujours pas écrire décidemment).
Ecrit par : La Grenouille-Rosbif | 20.05.2009
Non t'es provinciale c'est tout, c'est pas grave, on en vit très bien je t'assure :-)
Ecrit par : Cracotte | 20.05.2009
être des rats morts, normal, vous méritez pas autre chose.
Ecrit par : philo | 11.07.2009
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