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L'anti-corporatisme du pot de yaourt

Exprimé comme ça, la vie d'un pot de yaourt (pour les gens un peu obtus, on dit con-sul-tant un fort matique) peut paraître bien triste.

Sauf que nous qui avons choisi par défaut de devenir PDY mais par vocation de rester PDY, c'est le seul métier qui autorise à n'avoir aucune culture ou esprit d'entreprise.

L'Enterpraïllze gagne des sous grâce à nous mais bien malgré nous. Le PDY au lait âcre n'en a absolument que faire du devenir de l'entreprise. Il veut juste un salaire, un boulot pas trop chiant, des horaires corrects et des RTT. Et tout ce qu'il sait faire, c'est rester sur un PC et développer des trucs.

Evidemment, le PDY non vicié croit à tout ce que lui dit l'entreprise, il croit au cycle organisationnel RH, il est persuadé que kick-off, go-no-go, workflow, overview et TJM sont des vrais mots du langage courant. Ca ne le fait pas rigoler d'interrompre une question existencielle du type "Mais si tu te souviens on a fait l'overview du workflow en kick-off l'autre jour, on avait décidé quoi ?" en balançant "vous pensez qu'il faut faire un go-no-go ?" (Cette blague est tombée complètement à plat dès mon 1er jour ici, pourtant quand je l'ai racontée à Biscotte, lui a rigolé, c'était drôle, je précise).

Car entre PDY, même si on ne fait pas du tout la même chose, même si on est citron-papaye-gingembre et que l'autre est citron-fraise-tarama comme CraintDegun, les termes "techniques" sont les mêmes, les processus sont les mêmes, les autres PDY sont les mêmes, les manne à d'jeur sont tous pareils, etc ...

Le fait d'avoir un lait vicié permet d'avoir une discussion plus intéressante quand on est avec un autre PDY que de parler de la dernière mise en production et des anomalies qui en découlent, et du retard de la recette et blablabla. Genre Sandra Bullock ne louche-t-elle point un peu trop ?

Le PDY est conscient d'être un PDY. S'il se fait virer d'un client, c'est pas grave, il y en aura un autre. Et sinon, on le ré-aromatise et on le revend. Le PDY peut dire fuck à qui veut, tant qu'il sait qui il doit lécher pour survivre correctement et s'assurer un avenir pépère.

Le PDY sait qu'il est la base de l'entreprise, donc in-fine c'est lui qui a le pouvoir. Tout n'est que question de stratégie. La stratégie du moins pire.

Commentaires

  • Ah l'humour de Biscotte ouais j'vois l'genre (moi j'ai rien compris à ta blague)

    Biscotte+proust+lèche = done :D

  • c'est parce que tu comprends aucun des mots de la blague ! :P

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