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  • Trop vieille pour ces conneries

    J'ai signé chez un marchand de viande, je le savais, j'en étais bien consciente mais j'étais jeune. Je croyais encore que si tu faisais bien ton boulot et que tu ne ruais pas dans les brancards, on ne t'emmerdait pas et on te laissait peinard.

    3 ans, ça a duré, puis j'ai quitté ma mission pyjama car j'étais enceinte de mon ange.

    Je travaille dans ce qu'on appelle une SSII, je suis ce qu'on appelle une consultante informatique. Ca veut dire que mes patrons appelés des managers peuvent m'envoyer n'importe où en IDF pour faire peu ou prou n'importe quoi tant que le client veut de moi à un tarif négocié.

    Evidemment, je ne vois pas la couleur de l'argent, mon salaire est fixe et ne change jamais.

    Dans les SSII, il va y avoir plusieurs types de mission qu'on sépare principalement en deux catégories : les forfaits ou les régies. Dans le premier cas, tu as une date de début, une date de fin qui ne sera respectée que si le projet foire sinon soit tu rempileras pour un deuxième forfait au même endroit, soit tu passeras dans la seconde catégorie.

    Les régies ou TMA (c'est le langage codé du "business") sont de la sous-traitance de l'informatique, autrement dit du salariat déguisé mais où le client peut te jeter quand il veut puisque c'est le droit du commerce qui s'applique, pas le droit du travail.

    J'ai toujours préféré les seconds cas car pas d'objectifs financiers de ouf à respecter, juste ton travail à bien faire. 3 ans, ça a duré, je disais, puis mon ange est partie.

    Intercontrat = payée à ne rien faire mais très mal vue pendant une longue période, une mission de 2 semaines de merde chez des cons finis, arrêt maladie très prolongé avant Lapinette, retour de Lapinette en 4/5e.

    Je suis donc passée de la catégorie jeune diplômée sans histoire à la catégorie femme relou à problèmes et à enfant à charge et en temps partiel. Une putain de case qui n'existe pas dans la grille de vente de bidoche que nous sommes.

    J'ai passé presque 6 mois de merde sur un forfait puis je m'étais trouvée depuis un an une place peinarde en régie où je prenais mes habitudes.

    Mais la vie est ainsi faite que le client va mal, que c'est la crise et qu'il faut tailler dans le lard. Alors qui part en premier entre 3 personnes en temps complet sans enfant et une gonzesse comme moi ?

    La réponse est fatigante. La réponse est que je suis un symbole du durcissement de la politique du client. Tout ça pour dire qu'on fait sauter quelqu'un pour l'exemple, l'impression d'être dans un semblant de dictature, la dictature du pognon, on fait sauter les handicapés, les femmes, les bossus, les étrangers ....

    Je ne suis pas faite pour ce métier. Je ne suis pas faite pour ce métier car à 25 ans, on se dit que tout ça n'est qu'un jeu. A 30 ans, ça ne nous fait plus rire. Ca écoeure, jusqu'à l'overdose.

    Le métier ne changera jamais, car plutôt que d'y mourir, on sauve ses fesses et on se tire. Je vais connaître mon sixième manager en 5 ans. C'est normal, le dernier en date avait des gosses et une vie de famille, il ne pouvait pas vouloir rester.

    J'ai fait mon travail, je suis compétente, mais je ne fais plus semblant. Semblant de cacher les dysfonctionnements, l'absurdité du système, l'inutilité de certaines choses, j'essaie de croire que je peux faire changer certaines choses. J'ai passé l'âge d'aller au boulot la boule au ventre. Mais je n'ai pas passé l'âge de revenir du boulot le coeur trop lourd, la tête trop chargée. C'est pénible.

    Alors oui on me remercie d'avoir dit des vérités, d'avoir eu de bonnes idées, d'avoir bien fait mon travail, mais je ne serais jamais quelqu'un qui rentre dans leurs putains de cases.

    Haut les coeurs, je suis juste dégagée de ma mission, je ne sais pas à quelle sauce je serais mangée, je ne sais pas quand je pars, je ne sais pas où je pars. Ce que je sais, c'est que quoiqu'il se passe, je continuerais à toucher mes 1984€ et quelques par mois jusqu'à temps que je me casse de mon plein gré.

    Pas de quoi fouetter un chat, honnêtement. Life sucks surtout pour les gonzesses mais the show must go on.

  • Garde robe de petite fille

    J'ai tenté et je dois bien avouer que je vais devoir le faire plus souvent de devenir une maman shoppeuse. Car jusqu'à présent, et c'était bien pratique, je n'avais à acheter que des bodys et des chaussettes à la Lapinette.

    Malheureusement, la période bénie des cadeaux de naissance est désormais close, et je vais devoir financièrement m'atteler à la tâche.

    Oui, oui, à 20 mois, je finis juste d'écouler les cadeaux de naissance que j'ai reçu tout au long de la première année. Et puis aussi le shopping effréné de la BM. Non pas que ce shopping va s'arrêter du jour au lendemain, mais disons qu'il est plutôt ciblé petite robe ou salopette, des trucs jolis mais pas forcément basiques. Et puis surtout des trucs de marques, donc des trucs qui tiennent pas au lavage/séchage/habillage/déshabillage, si si c'est testé, j'peux faire du name-dropping si il faut.

    J'ai donc tenté Tout compte fait, magasin qui porte éminemment bien son nom, puisque tout compte fait, il n'y a absolument rien en soldes en taille 2 ans. Et que l'amabilité des vendeuses est clairement à revoir. Tout compte fait, je n'y retournerais pas.

    Son voisin Tape-à-l'oeil a eu la décence de me fournir une blouse en 2 ans et un pull en 3 ans mais qui a l'air de tailler petit, et le rayon soldes fut fini. Visiblement pour habiller un môme né en 2009, va falloir commencer les soldes plus tôt dorénavant.

    De plus, les prix ont l'air d'être uniques, la moindre petit chose coûtant 19,90€, à 50% ça reste cher pour de la fringue semestrielle.

    Mon envie de shopping pour bébé s'est définitivement envolée quand j'ai arraché les 3 derniers bodys 24 mois en soldes chez Petit Bateau, un orange, un rose, un bleu, pas moyen de faire la difficile, et que j'ai du raquer 20 euros pour cet achat.

    Je n'ai pas encore bien décidé si la Lapinette sera adepte du nudisme cet été, mais ça m'a l'air bien parti pour, étant donné cette sensation de vache à lait qui m'est revenue en tête en faisant les magasins, l'impression d'être revenue 3 ans en arrière, pauvre noob de nullipare que j'étais, ne sachant pas discerner les arnaques en poussette, lit bébé, bibs et autres joyeusetés.

    Ou sinon, je vais devoir retourner chez Auchan. Oskour.

  • Vite, un épilateur.

    Quand finalement, la fièvre vient, que la tension baisse, et que le monde se plaît à te répéter que ô toi, tu n'iras pas au boulot demain et que tu sais pertinemment que non mais aussi que ton chef va encore dire que t'es rien qu'une faineasse alors que t'es juste encore malade pour la 512000ième fois depuis 6 mois et que le monde se tue à te répéter que oui mais là t'es vraiment malade et que justement t'en as vraiment ras le bol d'être tout le temps vraiment malade, tu peux aussi prendre un épilateur, le brancher et exécuter une déforestation en bonne et due forme de tes mollets.

    Par expérience, j'ai l'impression déjà que ça active la circulation sanguine ce qui n'est pas plus mal pour quelqu'un qui a dû ressortir son oreiller de jambes (oui j'en ai un, mais j'ai enchaîné deux grossesses et j'ai une génétique de merde), et en plus avoir de jolis mollets tous lisses, ça permet de se sentir un peu plus légère et moins moche.

    Un tout ptit peu, mais c'est déjà ça.

    Bah à part ça, oui mes mollets sont effectivement de toute façon encore sous une couette. Et j'vous merde tous, surtout les virus et les bactéries, et les anticorps absents, bordel.