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  • Les retrouvailles

    On a beau te vendre les dizaines de milliers de collaborateurs ou les centaines de milliers dans le monde, il est un truc certain dans les boîtes de services en zinformatique, c'est que tu bosseras toujours peu ou prou avec toujours les mêmes 20 personnes. C'est avéré.

    Il se pourrait même qu'un jour, le ptit jeune que t'as formé à son arrivée dans la boîte, il devienne ton manager. A 29 ans, alors que toi t'en as 30, que lui a fini ses études à 24 ans, et toi à 22 ans. Ravale ton féminisme et maintiens le cap sur ton départ prochain sinon tu tiens pas.


    Bon, des fois, tu te retrouves avec un gars sympa, un gars avec qui t'avais jamais bossé directement mais qui lui a toujours entendu des bons échos de toi (les RH et les manne à d'jeures peuvent te détester et les zautres gens vouloir bosser avec toi, ce n'est pas incompatible, c'est un peu chiant à vivre c'est tout) et dont toi, t'avais une bonne impression genre gentil ptit gars, marié, deux enfants en bas âge, propre sur lui, carré dans le boulot.


    Compilation.

    - Mais. T'as des mèches blondes ?

    - Ah, la DRH et toi, c'est toujours pas ça ?

    - Oh moi, j'ai jamais eu de problème avec les manne à d'jeures ...

    - Je suis passé en temps partiel tordu sans aucun souci.


    - Ma femme a demandé le divorce quand je lui ai dit que je voulais plus habiter avec elle la semaine pour redonner une chance à notre couple ...

    - Vu que ma femme n'a jamais voulu redonner une chance à mon couple, je suis reparti avec ma maîtresse.


    - Et comme j'avais pas les moyens d'acheter la maison juste à côté de chez ma femme, je l'ai achetée avec ma nouvelle copine. Du coup, je me suis pacsé.

    - T'es plus chiante qu'un stagiaire, je peux même pas te motiver en te disant que ça te servira plus tard vu que tu te barres.


    - Nan mais t'inquiètes pas, on va réussir à tenir le projet, et puis même qu'on va pouvoir capitaliser pour plus tard, et puis aussi peut-être qu'on va pouvoir vendre des trucs en plus .... Oui, ok, tu t'en fous.



    Il est meugnon, nan ?


  • Prendre 10 ans

    Mouais.
    Pendant que visiblement les twitteriens français s'extasient sur un chapeau ou une robe au lieu de bosser, j'essuie les plâtres de mon deuxième jour de boulot. Mon deuxième jour de mon dernier boulot d'informaticienne. Et vu là où je me trouve en ce moment, on peut considérer que la boucle est bouclée.


    Il y a presque 10 ans, je faisais mon stage de fin d'études, autant dire je démarrais ma vie active, dans un centre de recherche tout ce qu'il y a de plus étatisé. Avec effarement et stupeur, je découvrais le royaume de l'ennui, de la glandouille, du silence et de la mort à petit feu. J'avais un maître de stage que j'ai du voir 3 fois en l'espace des 4 premiers mois de stage, j'étais seule dans un bureau, je m'ennuyais ferme, je prenais le car le matin, le café avec des "collègues", une longue pause d'ennui, la cantine, le café, la sieste, l'ennui, le car. Et je rentrais seule et désespérée chez moi.


    Aujourd'hui, je suis dans un énorme centre de recherches et l'ambiance est toujours la même. Cette fois-ci, j'ai du travail car ce n'est plus un maître de stage que j'ai mais un chef de projet, je suis toujours "le développeur" limite "le stagiaire", on me dit de faire, je fais, basta. Ce qui est incroyable dans ces grands ensembles c'est que finalement, tout est fait pour que tu te sentes bien. Grands couloirs (déserts), grands fauteuils à chaque carrefour de couloir (déserts), des machines à café gratos, des arbres, des oiseaux, des parkings gratuits, la belle vie.

    Sauf que ces gens sont bizarres. Ils restent cloisonnés dans leur bureau, n'en sortent que pour aller à la cantine où là c'est cohue-buhu, ils sont hyper disciplinés à l'entrée du site dans leurs petites voitures à attendre patiemment de montrer leur badge un à un, ils se garent proprement, ils font la queue proprement à la cantine, ils vivent en petits groupes, et des fois on se demande si certains ne sont pas morts.


    Ces endroits que la pression capitaliste n'a pas atteint, là où les gens sans ambition professionnelle se cachent jusqu'à la retraite, là où les procédures sont encore plus lourdes et longues que pour fermer un compte bancaire, ces forteresses sont à la fois déprimantes et rassurantes.


    Parce qu'éthiquement, ce n'est pas ce qu'il y a de plus fun que de travailler là-dedans, mais est-ce que c'est plus éthique ailleurs quand on arnaque le petit RMiste à coups d'abonnements de 3 ans à Titi dans une boule à neige ? Parce que ces endroits puent la mort et l'immobilisme et n'aspire qu'à ne rien faire et sombrer doucement au fond de son siège à roulettes dans le bureau tout au fond au bout du couloir à gauche droite gauche après l'entrée principale.


    Mais aussi parce que cet endroit se situe à 4 minutes de mon chez moi et en voiture s'il vous plaît n'en déplaise à ceux qui disent que j'habite un trou. Parce que ces gens sont sans surprise, dénués d'intérêt et d'originalité, mais aussi dénués de crasses en tout genre.


    Le seul problème finalement, c'est qu'il n'y a pas de station-service entre mon appart et ici, et que malgré la volonté de profiter des absences du chef pour réviser ma psycho, tout n'est qu'aspiration à ne rien faire du tout. Allez plus que 3 mois.


  • Il faut que je parle, je crois

    Prenons un peu sur mon temps de travail tout neuf et sortons de la torpeur.

    Plusieurs gens, en fait ils commencent à être nombreux, ont trouvé et m'ont signifié que j'étais peu bavarde depuis février, voire ont supputé que je faisais la gueule. Oh je ne vise personne puisqu'il y a trop de gens et qu'en plus je n'ai pas gardé les sms rapport à mes nombreuses bidouilles de téléphone qui font que j'ai perdu tout mon répertoire et toutes mes archives. T'inquiètes, moi, ça ne me manque pas, j'ai pas trop le temps de regarder en arrière ces temps-ci.


    Alors bon, je vais tenter de justifier un peu ce silence même si en fait techniquement je n'ai pas eu l'impression de cloisonner ma porte et de débrancher tous les fils, d'autres argueront que je n'appelais plus, je ne textotais plus, je n'envoyais plus de mails, en même temps, pas de jaloux, tout le monde fut traité sur le même pied d'égalité, même ma mère (c'est bon comme caution ça ?), et puis les choses vont dans les deux sens, je n'ai jamais raccroché à la tronche de quelqu'un ni claqué la porte au nez. Bon d'accord, je réponds pas aux textos ni aux mails, mais c'est parce que j'ai rien à dire.


    Ou en fait, si, simplement il n'y a que 3 choses qui me préoccupe depuis quelques mois : mon taf à la con, mes études de psycho et Pépito.
    Or, les boîtes à viande telles que l'Enterpraïllze, leur fonctionnement, leur harcèlement, leur gestion des ressources humaines, finalement je pense que tout le monde s'en cogne un peu. Et puis, pour moi, ressasser leurs idées et leurs actions à la con ne fait que leur donner trop d'importance et n'a rien d'un effet apaisant. Donc aucun intérêt à déblatérer sur le sujet.


    Mes études de psycho, je les fais pour moi. Et si par malheur j'ai osé aborder le sujet, je me prends la question : "et tes concours d'école d'EJE ?" Question qui me hérisse inévitablement les poils sur la tête puisque la réponse est la même depuis le début de l'année et même avant de les avoir passés ces foutus concours, aka les réponses des écoles sont en mai, la demande de financement se fait juste à la suite et la réponse de financement se fait en août. Alors franchement c'est un sujet total has-been qui est en stand-by complet et qui si on rajoute le Pépito sur l'affaire devient grandement hypothétique. Pour en revenir à la psycho, il n'y a rien de plus à dire que je n'ai déjà dit, il me reste 3 TD à faire dont un fait à moitié à rendre pour la semaine prochaine, j'ai décidé non plus de compter 8 matières à réviser, mais seulement 7 puisque la dernière est évaluée seule le dernier jour des exams donc la découverte/révision se fera du jour au lendemain, et en fait on peut rassembler les 7 matières en 4 pôles : le dév, la socio, la clinique et le cognitif. La socio est révisée, la dév au tiers, la clinique au cinquième et la cognitive au huitième. Et les exams sont toujours en juin, alors bon rien de plus à ajouter sauf que maintenant j'ai un taf à la con qui me pompe mes journées jusqu'en juillet.


    Et pour finir Pépito, ben Pépito quoi. Quand t'arrives à la 5ème grossesse à 30 ans, que par conséquent pour le moment seuls 50% de tes bébés sont en vie, 50% de tes grossesses t'ont amenées un bébé et 25% de tes grossesses t'ont permis d'avoir un bébé et maintenant une petite fille actuellement en vie, t'es pas hyper jouasse. Si tu rajoutes que tu tiens vraiment pas à faire chier les gens que t'aiment bien avec ça parce qu'eux aussi ont leur souci, que les gens que t'aiment bien mais qui t'ont soûlé pour une raison quelconque t'as pas non plus envie de leur confier tes états d'âme et que tes ennemis, ben tu leur parles pas, il ne reste plus vraiment de public pour ça et c'est aussi bien.

    Alors tu t'accroches à ton Biscotte, tu souris à ta Lapinette et t'essaies de mettre tout ça en off jusqu'au 20 octobre sans te dire que ô putain, ça fait long.

    Et puis en attendant, tu fais chier les pauvres gens qui te parlent encore avec tes histoires de peinture, de store, de cartes postales et de sujets débiles. Mais pas d'inquiétude, le 20 octobre, je sortirais peut-être de mon autisme. Ou pas.


    Bisous les croquinous.