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Mon ange,

Nous sommes le 2 juin déjà. Tout à l'heure, après quelques heures de sommeil, j'irai travailler pour la 1ère fois depuis 8 ans.

Il y a 8 ans, tu es venue puis tu es partie.

Il y a 7 ans, ta soeur venait d'arriver, j'étais dans ma chambre de maternité, j'ai rencontré l'anesthésiste de garde pour me calmer d'une crise d'angoisse. Les infirmières de garde ont juger bon de me tenter de me culpabiliser de pleurer devant ta soeur. A 4 jours, elle connaissait déjà ton prénom.

Il y a 6 ans, je ne travaillais pas le mercredi, j'étais en temps partiel pour rester avec ta soeur le mercredi.

Il y a 5 ans, j'étais en arrêt maladie car être enceinte et travailler et donc avoir des relations sociales étaient impossibles pour moi. Ton frère était en route.

Il y a 4 ans, je venais de quitter l'Enterpraïllze officiellement sans y avoir mis les pieds depuis l'année d'avant.

Il y a 3 ans, c'était un dimanche. Ma première année de formation de mon nouveau métier allait se terminer, c'était un enfer, j'étais plus que sur la sellette, on sait toi et moi comment ça s'est fini et c'est bien mieux comme ça.

Il y a 2 ans, ton frère était au jardin d'enfants, ta soeur à l'école, et moi j'avais posé un jour de repos lors de mon stage auprès des enfants placés. La directrice du jardin d'enfants m'a appelé car les professionnelles n'avaient pas compris que je puisse exprimer librement à mon fils que j'allais voir sa grande soeur au cimetière. Bien sûr, lui ne parlait pas mais il connaissait ton prénom.

Il y a un an, j'avais fini ma formation, je passais mes derniers exams, on a mangé au resto indien du père lachaise avec ton père comme toujours quand on y va et c'était chouette. Le prix de la rose blanche avait encore augmenté, il faisait encore beau et on pensait encore à toi.

Aujourd'hui, je vais aller travailler 3 petites heures dans un boulot que je vais bientôt quitter mais qui me plaît. Je commence chez mon futur employeur le 1er juillet. 

Il y a 3 jours, ta petite soeur, j'allais dire grande, m'a demandé ce qu'étaient les stries violettes sur mon bidon. J'ai expliqué que 3 petits bébés avaient pris beaucoup de place dans mon ventre et que ça avait fait des vergetures. Et j'ai pas réfléchi. Par contre, ton frère et ta soeur, si. Et ils ont dit, parce que maintenant ils savent très bien (et beaucoup) parler : Pas trois, maman, mais deux. Alors j'ai répondu : Si, si, trois. Et je leur ai dit que tu étais venue, que tu étais partie parce que c'était la vie, ça arrivait. Ca ne les a pas choqué, ils connaissaient ton prénom.

Et il y a quelques heures, ils ont demandé à voir ta photo. Ils t'ont trouvé belle. Ils ont trouvé ça vachement rigolo d'avoir eu une grande soeur. On leur a expliqué que nous, on avait trouvé ça vachement moins rigolo que tu sois partie. Eux, ils s'en foutaient, ils riaient. De leur bêtise, de leur ignorance d'enfant de 4 et 7 ans.

Alors cette année, je vais essayer que le 2 juin, ça soit la journée du rire, du sourire, de l'ignorance d'enfant.

Parce que même si je pleure quand j'écris ça, je ne te revaudrai jamais ce que tu m'as donné en étant ma fille, mon ange. Avec toi, j'ai découvert l'amour, celui qui te transperce le coeur tellement il t'emplit de joie et te fait mal en même temps, je suis devenue maman, je suis devenue moi et je suis restée moi.

Il n'y a vraiment pas de mot pour te dire ô combien je t'aime et que vous, mes 3 enfants, vous êtes les plus belles merveilles de ma vie.

Commentaires

  • *Love*

  • Big hugs d'amour ma poulette

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