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Biscotte

  • Les petits moments

    Presque j'aimerais bien me lever tôt, je dis presque parce que le souci principal est que si je ne cumule pas mes 12 heures de sommeil dans la journée, je ne tiens pas.

    Mais quand je dois me lever aux aurores hivernales (7h quoi) pendant que le reste de la maisonnée de plus de 3 mois comate gentiment, j'aime bien cette douce torpeur.

    M'enfoncer dans le fauteuil avec mon sweat à capuche et mes chaussons pour donner le biberon au Balisto qui se rendort dans mes bras.

    Ainsi je savoure ce doux moment de silence et de solitude si éphémère alors que je sais que la journée, ou tout du moins la matinée, va être une course. J'observe ainsi le bordel ambiant, j'évalue la quantité d'effort à faire pour rendre ça présentable, je peste contre le Biscotte qui est incapable de laisser un salon normal en allant se coucher, puis je me calme aussitôt car je suis seule et paisible et qu'aujourd'hui, c'est jour de chance, il n'a pas laissé ses fringues en vrac, mais je trouve ça quand même incroyable cette faculté de tout laisser par terre sans le moindre remord. Le pire, c'est plus le temps passé dans le salon et donc plus l'heure du coucher est tardive, plus il y en a par terre, alors que mon cerveau féminin logique se dit que du coup, il a eu encore plus de temps pour aller remettre les télécommandes en hauteur loin des mains de Lapinette, que les biberons sales auraient au moins pu réintégrer la cuisine.

    Mais non, j'observe le chantier de la veille et puis j'observe aussi le chantier quotidien, celui dont je suis aussi responsable mais que je n'assume pas devant les BP. Oh je sais bien que le Biscotte me dirait que de toute façon, ses parents ne disent rien (c'est pire) et qu'il va tout faire (toute femme sait pertinemment que si jamais un truc couille, le BP va immédiatement stigmatiser la gonzesse pas le fifils chéri).

    Alors je m'attaque gentiment à ce qui est directement faisable dans la pièce, j'établis mentalement une liste des choses à déplacer dans la chambre de Lapinette quand elle sera réveillée, j'évalue le temps disponible pour pouvoir lancer des lessives (pas assez), et je conclus que vraiment la matinée va être moisie et qu'on n'a vraiment pas intérêt à me parler les 4 prochaines heures.

    Après, je me casse.

  • C'était bien

    Ce qui est chouette quand on vieillit, c'est qu'on s'embête moins, qu'on est peut-être moins exigeants et que surtout on sait mieux ce qui nous va.

    Alors je suis plutôt contente d'avoir joué de ma manette rapid'auchan deux jours de suite, d'être allée à picard deux jours de suite aussi, et sinon de ne pas m'être trop fatiguée ni mis la pression.

    Comme disait ce désormais vieux sage Biscotte, ce qui compte, c'est la qualité des invités. Et finalement, il suffisait du B&B et des suppôts habituels pour ne pas lui faire regretter que j'organise une petite soirée d'honneur.

    De la bouffe pas compliquée et en solde, du daïquiri cerise, du champagne et plein de livres offerts, le Biscotte est content. 

    La Lapinette a beaucoup aimé aussi ce week-end bien fatigant pour une petite*, les curlys, les gâteaux et plein d'invités pour parader et sautiller joyeusement devant eux.

    Et moi, bah, si tout le monde est content, je suis bien contente et j'estime que pour ça, il n'y a eu aucun couac, c'était vraiment un chouette week-end.

    *La Lapinette a donc grandi puisque récemment, elle était encore un bébé selon ses dires, et maintenant elle est petite toujours selon ses mots.

  • Désintégration volontaire

    Engager une conversation avec une fille n'est jamais évident. On parle souvent du pauvre mec qui veut draguer et qui ne sait comment s'y prendre, la faire rire, lui dire un truc intellectuel ou lui demander de le sucer, mais à vrai dire, on s'en moque, moi je veux parler d'une fille lambda qui rencontre une fille lambda et qui doit lancer une conversation pour tenter de faire amie-amie pour le bonheur public et la bonne ambiance de la soirée où elles se retrouvent toutes les deux.

    Le problème quand deux filles se rencontrent c'est que potentiellement elles peuvent ne pas du tout avoir les mêmes sujets de conversation, les mêmes références et j'en passe.

    Il y a longtemps qu'on m'a fait comprendre que je ne pouvais pas être naturelle quand je rencontre des gens. Parce que ça peut piquer visiblement, spécial dédicace.

    Pour faire court, je tente l'approche fille à base d'un compliment sur sa tenue, son sac, son rouge à lèvres, etc ... Un truc sincère quand même, faut pas déconner, ce n'est pas mon genre d'aller dire à une fille que je connais pas que son vernis vert étoilé est top, faut pas pousser mamie dans le caniveau non plus.

    Le problème, c'est que deux fois, ça m'est arrivé que la dite fille me réponde : "Oui, mais c'est cher".

    Le hic, c'est qu'avec ce genre de phrase, la communication est irrémédiablement coupée. Parce que j'ai beau faire et retourner le truc dans tous les sens, qu'est-ce tu veux répondre à ça ?

    Déjà, ça veut dire quoi ?

    Je peux faire ma snob intello à deux balles mais la richesse d'une chose est totalement subjective puisque sujette à une opinion personnelle. Que veut dire la fille quand elle me répond que son bien est cher ?

    1. Que ça lui a coûté une blinde par rapport à son aisance financière ?

    2. Que ça me coûterait une blinde par rapport à l'aisance financière que je fais passer par mon look ?

    Dans le premier cas, j'aurais compris une réponse à base de "ouais, je me suis ruinée pour mais j'en suis trop contente". Alors, la conversation aurait pris une tournure passionnée sur ses goûts et mon compliment n'aurait pas servi à rien.

    Ou sinon, une réponse à base de "ouais je me suis ruinée pour et j'en suis déçue". Alors la conversation aurait pris une tournure constructive du pourquoi de la déception.

    Dans le deuxième cas, je comprends un rejet de mon compliment par une attitude snob et déplacée. Mais comme je suis une fille qui essaie de ne pas voir le mal partout et qui est plus ou moins renseignée sur la personne à qui elle s'adresse, je sais que je ne m'adresse pas à crésus donc je retourne au premier cas sus-cité.

    Mais comme je n'ai pas eu le sentiment ressenti par rapport au prix de la chose, je ne peux que rester interloqué face à cette fin brutale de conversation. Parce que si je demande tout de go pourquoi la fille me dit ça, je passe au choix pour une débile qui ne comprend rien ou pour une snob qui ne comprend pas non plus, au pire pour les deux.

    Et comme je n'aime pas trop être débile, mon niveau d'auto-satisfaction étant naturellement assez pitoyable, je n'ai pas envie que d'autres le fassent descendre, je me mets en mode qui veut être sympa.

    Et je m'enfonce : "ah bon, tu l'as acheté où ?"

    Et à chaque fois, la réponse d'un achat dans une enseigne de mass-market pour middle-class, le truc qui n'est pas cheap, mais pas vraiment luxueux non plus. Pour continuer dans les anglicismes, je ne ferais pas de name-branding puisqu'on me l'a reproché.

    Alors sans doute, je suis snob parce que j'aurais préféré une des deux réponses diamétralement opposées.

    1. C'est de la haute-couture, édition limitée, vraiment très cher pour le commun des mortels.

    2. Je l'ai déniché dans une enseigne hyper confidentielle entre 2 trucs méga moches.

    Dans les deux cas, une sorte de shopping-réussite justifiant le caractère cher par la qualité rare de l'objet en question.

    Mais non, je passe pour la fausse parisienne blasée d'un centre commercial lambda mixant allègrement l'incompabilité de la vente de masse et de l'élitisme des produits.

    Pour arrêter le triturage de cerveau, peut-être que ces filles sont sympas et fun, mais rien ni personne ne m'obligera à essayer de continuer à lier connaissance avec l'impression désagréable qu'on m'oblige à me coller les yeux devant le blog d'une cagole qui se prend en photo dans ses fringues Promod et Naf-Naf en indiquant les prix de ses achats.

    Le look n'est-il pas une question de goût plutôt que de prix ? Je ne suis pas contre parler thune, tu peux me demander mon salaire, on peut discuter prix de la saucisse ou d'appartement rive gauche, des disparités sociales, du statut des fonctionnaires, des avantages sociaux des différentes professions, de la difficulté d'être smicard, du comportement du cadre commercial pavillon/4*4/gros chien face à l'assistante de direction 2pièces/clio/vibro et j'en passe.

    Mais entre une fille qui dit "oui mais c'est cher" et un mec qui drague en disant "je gagne 1800 par mois + primes + voiture de fonctione et ticket resto", quelle différence ?

    Moi je ne sens aucune ouverture d'esprit vers l'autre, je sens un égocentrisme forcené, une mise en avant de soi, un comportement autocentré et autosatisfait. Comment pourrais-je en réponse avoir envie de continuer une exploration sociale face à ce refus obstiné d'ouvrir les yeux sur le monde extérieur ?

    Le fin mot de cette histoire est que je ne peux pas m'intégrer dans un groupe qui n'est pas prêt à intégrer ceux qui sont différents d'eux. Ca va dans les deux sens, j'ai franchement fait des efforts, maintenant c'est indifférence totale. Je ne suis pas méchante, je pourrais dire FUCK.

    Ah oui tiens, FUCK, c'est bien ça, FUCK, FUCK, FUCK.