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20 minutes

  • Petit mouton noir

    Arrive l'heure de la cantine, l'heure de l'échappée entre collègues, une heure de détente encadrée par les bonnes moeurs professionnelles.

    Car, oui, l'heure du repas, c'est l'heure où l'on se sort la tête du travail (quand on en a) mais où l'on reste avec ses compatriotes de travail (si l'on en a).

    Certains choisissent la voie professionnelle jusqu'au boutiste et continue à parler boulot pendant le repas. C'est insupportable.

    Et il y a les gens normaux qui choisissent de discuter d'autre chose. Oui mais de quoi ?

    En quelques années de travail, je peux assurément déclarer que les sujets intemporels restent la météo et les enfants. Ah que d'interminables repas cantiniers autour de ces thèmes.

    Malheureusement, j'aime la variété et ayant déjà éculé les deux sujets les deux premiers jours, il me faut en trouver d'autres. Car je n'aime point un repas silencieux devant son plateau, c'est viscéral, il faut que je parle. Ca fait trois heures que je regarde mon PC d'un oeil torve et vitreux dans le silence le plus absolu, il faut que ma langue se délie. D'ailleurs, si elle ne se délie pas, on croit que je boude. Ce qui peut être le cas effectivement.

    A la recherche de nouveaux sujets, j'ai un handicap majeur par rapport à mes concitoyens : je ne prends pas les transports en commun.

    En premier lieu, si je parle trafic routier, la conversation va vite tourner sur les retards RER dont je n'ai que faire et inversement mes compatriotes n'auront que faire de savoir que le tunnel de l'A14 était plus ou moins glissant ce matin.

    En second lieu, tout le monde a plus ou moins lu la presse gratuite, mine d'or des sujets de conversation cantiniers. Car, même si l'on sait déjà depuis plusieurs semaines grâce aux blogs de modasse qu'Uniqlo a ouvert à côté des Galeries Lafayette, le cantinier ne l'a appris, lui, que quand ils en ont parlé dans le 20 minutes. Et il est littéralement impossible de lire le 20 minutes à moto, surtout quand il pleut, ça ne ressemble plus à rien, et si en plus, il faut passer à une station de métro pour le choper, c'est 2 heures et quart que je vais mettre pour aller bosser.

    Concernant Uniqlo, je dois dire qu'autant d'engouement pour un vendeur de fringues basiques m'a littéralement scié. Déjà que j'ai déjà revu deux fois mon nouveau pull Kookaï à cette même cantine sur deux autres personnes que moi avec quand même des couleurs différentes, je me re-mémore tout le temps la complainte de nos parents sur les uniformes scolaires. Et c'est à ça que ça me fait penser, Uniqlo.

    Difficile d'imposer son point de vue tant le matraquage publicitaire et/ou journalistique a visiblement fonctionné à merveille.

    Mais pour parfaire mon intégration professionnelle cantinière, je pense qu'il est nécessaire désormais que chaque jour après le café intégratif(toire ?) d'intégration matinal, je lise la presse gratuite sur internet.

    Ah, enfin du boulot.