10.11.2009

Le stress n'est pas bon pour ma grossesse

Il existe une profession intouchable dans le monde des Secret Story en Intelligences Inférieures, ce sont les secrétaires aka assistantes pour leur conférer un titre plus pompeux.

D'ordinaire, c'est une profession que je respecte énormément car je prétends que ce sont elles (puisque malheureusement majoritairement féminines) qui font tourner la boîte et que sans elles, le monde ne tourne plus.

Seulement, des fois, quand tu reçois un gentil mail qui t'annonces que t'es enceinte et que ça serait bien que tu fournisses fissa des justificatifs de cet état problématique, t'as juste envie de t'énerver très fort.

Alors tu ravales ton agressivité et tu expliques le plus calmement possible que non, ce n'est pas le cas et que non, ce n'est certainement pas toi qui as lancé cet état de fait.

Et là, on te répond avec force et détermination que si, c'est toi qui l'as dit.

Alors même si t'as des preuves que ce n'est pas toi qui as formalisé cette chose insensée mais la secrétaire d'à côté, celle qui est juste à 30 cm de l'autre, tu ne diras rien et tu le bloggeras pour exorciser cette boule de nerfs qui se forme et qui te donne envie de clamer que d'avoir passé deux ans enceinte n'est apparemment pas suffisant pour que les secrétaires ne puissent pas envisager une seconde qu'il y a eu boulette de leur côté et que vraiment tu n'es qu'un PDY de merde parmi la masse et que tu ne vaux vraiment aucun traitement de faveur qui puisse t'épargner de te rappeler encore une fois ô combien les dernières années n'ont pas été de tout repos.

Mais en fait, je suis quand même super énervée. Faut que je ferme ma boîte mail, ça va mal finir cette affaire.

24.06.2009

Et mon cul c'est du poulet ?

Et pourquoi on ne l'avait pas vu à l'échographie ?

Et pourquoi vous avez eu une césarienne ?

Et pourquoi vous avez gardé le même médecin ?

Et pourquoi vous avez eu une amnio ?

Et pourquoi vous n'avez pas de généraliste au Village ?

Et pourquoi elle n'a pas de pédiatre ?

 

...

 

 

15.06.2009

Le 2 juin

Il y a des chansons guimauve d'une niaiserie affligeante qui nous font chialer direct.

Moi, en ce moment, c'est

 

 

Dans la nuit du 1er au 2 juin, j'ai fait une crise de tétanie comme il y en a bien longtemps que je n'en avais pas fait.

Ca a commencé par un baby blues classique pour finir par des "Pourquoi, pourquoi ?"

 

La crise de tétanie n'est PAS une crise d'épilepsie. La crise de tétanie est une conséquence d'une crise d'angoisse en période de surmenage, de fatigue et de carence en magnésium et/ou calcium. La crise de tétanie commence par une période d'hyperventilation qui a pour effet de chasser l'oxygène des muscles et donc de les tétaniser. La deuxième période de la crise de tétanie est l'apnée, qui a l'effet totalement inverse de l'hyperventilation. Il n'y a PAS de perte de connaissance. Mais si on ne répond pas, c'est parce qu'on ne peut pas et parce qu'on n'en a pas du tout envie. Il n'y a rien à faire pendant une crise de tétanie à part attendre. Au mieux, essayer de serrer la main du tétanisé (forcément c'est difficile puisqu'elle est tétanisée en main dite d'accoucheur) pour le rassurer et estomper la crise.

Une fois la crise passée, il est inutile de proposer tout médicament hormis un anxiolytique style Atarax, que j'ai pris. Surtout pas de la codéine qui provoque justement des crises de tétanie puisque la codéine étouffe. Même si une crise de tétanie sur une césarienne toute fraîche, c'est très douloureux.

L'infirmière de nuit aimait beaucoup la psychologie alors on a beaucoup discuté.

L'après-midi, le pédiatre m'a demandé d'apporter Lapinette en consultation sans se poser la question de savoir si je savais me lever ou pas. En bon petit soldat, j'y suis allée et j'ai recommencé une crise juste devant la table à langer. J'ai tellement voulu la bloquer que je me suis pris une super violente migraine. J'ai été réexpédiée dans mon lit par la puéricultrice. L'infirmière de jour n'aimait pas beaucoup la psychologie alors elle m'a laissé toute seule en me disant d'appuyer sur le bouton rouge si j'avais un souci.

La puéricultrice débordée m'a dit que tout le monde était là pour moi.

Le pédiatre m'a dit que c'était normal, c'était le baby-blues. Alors je lui ai dit que non, ce n'était pas normal et qu'il ne pouvait pas comprendre. Alors il m'a dit d'accord, mais si vous êtes triste, alors votre Lapinette ici présente sera triste et ce n'est pas juste de lui infliger ça. J'ai dit que je savais bien mais que je ne faisais pas exprès. Alors il est parti et j'ai attaqué les anti-dépresseurs en attendant le retour du Biscotte.

Un enfant ne remplace pas un autre, c'est une certitude.

J'ai le droit d'être encore triste quand je suis seule et que mes pensées divaguent.

Je n'infligerais pas ma tristesse à ma Lapinette et il est inutile de me culpabiliser.

Il est tellement plus facile pour tous ces gens d'oublier cette année et de faire comme si rien ne s'était passé. La vie a toujours été plus facile pour les poissons rouges.

Je n'oublierais jamais ces deux ans que je viens de passer et il faudra continuer à vivre avec, ça fait partie de mon parcours.

Alors oui, ce n'est pas drôle tous les jours.

Mais je sais qu'il y a Lapinette qui est là bien vivante.

Mais je sais aussi qu'il y a eu mon ange et qu'elle aussi, j'aurais tellement aimé la connaître.

25.05.2009

Bande de voyeurs

Je vois bien que plus je suis prête à accoucher, plus les visites augmentent.

Bande de petits coquins.

IRL, c'est le même scénario. Il y a des gens qui appellent, comme ça, pour prendre des nouvelles.

L'air de rien.

Prenez moi pour une gourde.

Et ça se finit toujours par "Mais tu m'appelleras hein quand elle sera née ?"

Des fois, il y a même l'ajout "Non parce que l'année dernière, j'ai envoyé un texto et je n'ai pas eu de réponse".

Certes.

Néanmoins.

L'année dernière, j'avais passablement autre chose à penser que d'aller avertir la planète entière de la tragédie qu'on était en train de vivre. Et que la suite me donna raison, puisque des gens ont été au courant le lendemain par des moyens sur lesquels je m'interroge encore et qui me laissaient des messages pour me dire de les rappeler et qu'ils étaient désolés.

Très bien.

Donc ça veut dire que celui qui veut se tenir au courant sait très bien par qui obtenir l'information. Donc pas la peine de quémander un texto. J'espère évidemment que j'en enverrais beaucoup plus que l'année dernière, je vais donc acheter une mobicarte de réserve, oui bon je suis encore au forfait bloqué à 15€ par mois what else ?, mais je compte fermement sur le schéma en étoile.

Ou en flocon, as you want.

J'alimente les principaux canaux de distribution, et après tournez les serviettes.

11.05.2009

Le choix du prénom

Le prénom de notre ange avait été choisi par Biscotte même avant sa conception à l'époque de la fausse couche.

Même si on avait pris l'habitude d'appeler notre ange Gudrun pendant la grossesse, le Biscotte avait laissé échappé son prénom une fois devant mon père puis une fois devant sa mère. Mon père avait compris mais pas sa mère. Qu'importe. A l'époque, j'avais été très vexée et j'avais cherché un autre prénom.

Et en plus, pendant des mois, on nous demandait quel allait être le prénom. Et ça n'en finissait plus sur les devinettes. Et du coup, on proposait plein de fausses pistes. Une semaine avant la naissance de notre ange, j'avais trouvé deux prénoms de remplacement. Evidemment, vu que cela faisait des mois qu'on appelait notre ange par son prénom originellement choisi, il n'était plus question de changer, mais c'est là que j'ai trouvé le prénom de Lapinette qui a été adopté par le Biscotte.

Parce que oui, j'avais choisi deux prénoms. Le premier a été pris par des copains pour leur fille née en novembre, et le Biscotte préférait le deuxième de toute façon.

Et à moins de 3 semaines de la naissance de Lapinette, la question du prénom vient seulement d'arriver sur les lèvres des amis et de la famille. Et non, nous ne le dirons toujours pas. Mes copines ont deviné la terminaison du prénom mais ça ne va pas beaucoup les avancer.

La seule chose qui a changée, c'est que dès la conception de Lapinette, on avait dit qu'on donnerait le prénom de notre ange en deuxième prénom. Moi je trouvais ça bien. La MC aussi. Mais la BM a tiqué. Le B&B aussi un peu. Et ma copine un peu cash m'a balancé que c'était bien de financer la psychanalyse de Lapinette en avance. Alors j'ai réfléchi. Beaucoup. Et comme notre ange, Lapinette n'aura pas de second prénom. Mais j'ai vérifié sur Google et Lapinette Biscotte n'existe pas sur l'internet mondial.

Parce que les Biscotte sont nombreux quand même. Jusqu'en Amérique. Avec un nom bien français, je crois qu'on ne peut pas faire plus français d'ailleurs. Parce que Biscotte a un nom géographique du style Desvosges. Et les Vosges, ben elles ne sont qu'en France. Et d'ailleurs, ça m'a bien posé problème pour le prénom de notre ange puisque moi je voulais l'appeler Coline. C'est très joli Coline comme prénom.

Après test, et même si on aurait toujours trouvé le moyen de se moquer d'elle à la maternelle, ça n'était pas envisageable., la colline des vosges. D'ailleurs, on peut oublier tous les prénoms ressemblant à des fleurs, des plantes ou qui font un jeu de mots foireux du style Simon (six monts des vosges). Et on peut oublier les prénoms à consonance historique. Genre Anne. C'est très basique Anne pourtant comme prénom, mais bon Anne Desvosges, ça fait un peu Anne de Bretagne. Laure aussi c'est joli, mais l'or des vosges, c'est limite comme l'or en barre.

Alors je sais que le prénom de Lapinette ne plaira pas au BP car ce n'est pas de chez lui, mais c'est un prénom qui est radicalement différent de celui de sa soeur et qui nous plaît beaucoup à tous les deux. Il fera très bien sur le livret de famille.

C'est con une femme enceinte

Ca s'écroule un samedi soir dans tous les sens du terme. Ca ne peut même plus regarder un épisode de Desperate sans passer par la case crise de larmes, j'ai peur, j'ai trop peur, pour celle qui n'est plus là, celle qui sera peut-être là. Et puis, je suis trop fatiguée, ça fait deux ans, tu ne peux pas comprendre, c'est facile pour toi.

Et ça réveille encore son esclave au ptit matin pour avoir le ptit dej en ayant à peine dormi 4 heures entrecoupées de pauses pipi, pauses cafards, et ça se rendort comme une merde jusqu'en début d'aprem pendant que son esclave a enfin décider d'attaquer le gros nettoyage de la cuisine et de passer l'aspi même derrière le canapé sans que ça ne la réveille.

Après ça lui prépare deux sandwiches au saumon et au tarama et ça l'admire regarder son Lost avec des pauses peinture de la porte de la cuisine. Et ça se dit que quand même, il est très courageux de supporter tout ça, même s'il n'a pas 3 kilos de ptite puce dans le ventre et qu'il peut boire de la bière en s'agitant, il n'a pas une vie facile.

Alors elle lui prépare son bain et lui applique la recette de la Biscotte lavée parce qu'il le mérite quand même.

Alors non, il n'a pas fini la task list puisqu'en plus il y a toujours des imprévus, un pène qui lâche à la chambre de sa fille, un flexible de douche qui pète juste le dimanche soir outre un nettoyage de placard de cuisine, de dessus de hotte, d'intérieur de frigo, un mur de salle de bains à refaire, une lampe à fixer, etc ...

Mais ce sentiment de satisfaction qui emplit la femme enceinte quand elle voit le salon tout grand et tout rangé, la chambre de sa fille qui commence à ressembler à quelquechose même si elle sait qu'il y a peu de chances que la housse de clic-clac soit finie car trop lourde à manipuler, la cuisine qui brille et bien rangée, les débuts des boîtes pour l'étagère de sa fille à côté de la machine à coudre, ...

C'est con une femme enceinte.

06.04.2009

Cafard du soir

Espoir.

J'ai de plus en plus de flashs.

C'est peut-être pas par là qu'il faut commencer.

Dans Elle, la semaine dernière, ils disaient que pour ne plus ruminer quelquechose, il faut l'écrire.

Je me demande pour une fois si ils n'auraient pas raison.

C'est très inquiétant si la presse féminine commence à donner de bons conseils.

Alors je ne sais pas trop.

Mais il est vrai que le moment fatidique approche et je n'ai toujours pas réussi à passer outre le dernier cap fatidique.

Le précédent blog s'est terminé le 1er juin 2008, veille de.

Ce blog ici présent a commencé le 11 juin 2008, même s'il avait mûri dès le 3 juin 2008. De toute façon, je n'ai pas eu d'ordi ni d'internet entre le 1er et le 11.

Il y a donc 10 jours qui sont passés aux oubliettes. 10 jours que je n'ai jamais consignés nulle part, que ce soit ici ou sur un autre support privé ou public, électronique ou non.

10 jours où j'ai de gros blancs dans ma mémoire.

10 jours qui sont passés à une vitesse folle.

10 jours où il ne s'est presque rien passé.

10 jours où il s'est passé beaucoup de choses qui reviennent souvent en désordre dans ma tête.

10 jours où je découvre encore aujourd'hui ce qu'il a bien pu se passer.

10 jours que j'ai l'impression d'être la seule à ne pas savoir remettre les choses dans l'ordre.

C'est peut-être les drogues.

C'est peut-être juste mon cerveau qui a déconné et qui a occulté pour pouvoir continuer.

Je ne sais pas.

Mais effectivement, je pense qu'il faudrait que je mette à plat tout ça pour pouvoir passer au prochain moment fatidique.

Certainement que ça n'intéresse personne, c'est une démarche totalement égoïste.

Mais en plus de 10 mois où j'ai pu errer sur l'internet mondial, je n'ai jamais lu de descriptions de fait.

Je sais que les réfractaires à la maternité pourront y trouver toutes les excuses possibles pour ne pas se lancer.

Mais si j'ai rempilé, c'est que ce n'est peut-être pas si terrible que ça en a l'air.

Et je ne suis pas persuadé que ce soit qu'une question d'horloge biologique ou d'hormones.

Chacun a son histoire, ce sera la mienne et c'est tout. Il faut que je me l'approprie.

28.03.2009

Il fallait le faire

Après une très longue grosse crise de larmes, de peur, de terreur, j'ai pris la décision. Il fallait le faire.

J'ai ouvert la porte du placard et il a descendu le gros sac, les petits sacs, le doudou est tombé, j'ai pleuré et on est allé dans la chambre.

On a ouvert le sachet des biberons, le papier "Bon pour un bébé" que je lui avais offert il y a deux ans est tombé. Il a beaucoup pleuré.

J'avais pris le nouveau sac Elle.

On a ouvert le gros sac, et on a commencé à remplir le sac de la maternité.

Il a apporté le meuble et on a séparé les bodys, les pyjamas, les couvertures, etc ...

On a retrouvé le premier body qui aurait dû être utilisé, la sage-femme l'avait déboutonné, il était tout chiffonné.

On a retrouvé les petites chaussettes coincées dans le bonnet de naissance.

On a retrouvé la brassière blanche de naissance.

On a retrouvé le nid d'ange et la couverture babynomade.

Tout est là, tout est chiffonné, un peu perdu comme nous deux.

Mais il fallait le faire et je crois qu'on est content de l'avoir fait.

C'était très dur.

Maintenant, on va finir nos projets de peindre, nettoyer, ranger ...

17.03.2009

Warning

Alors la semaine dernière, on a vu Barack Obama.

Qui a dit que j'étais grosse, que j'allais finir diabétique et que ça allait se terminer comme l'année dernière.

...

Non, il n'a PAS vraiment dit ça.

MAIS.

Almagamé dans mon cerveau perturbé et restitué, ça donne ça.

Du coup, je ne suis pas HYPER heureuse.

Et ce foutu soleil qui me rappelle le temps qu'il faisait justement le 2 juin 2008.

...

Alors je sais bien que le Bonhomme Michelin ne dira jamais que je suis grosse et pour cause. De toute façon, je n'ai même pas pris des cuisses et des bras.

Et puis, dans la famille Obama, avec le père gyneco, la mère dentiste, le fils dentiste et la fille diététicienne, ça doit être un peu des obsédés de l'alimentation quand même.

Et puis, je ne suis pas diabétique, faudrait pas déconner. 6 kilos en 6 mois, ce n'est pas la fin du monde, même si 3 ont été pris le même mois.

...

Alors ce we, nous sommes allés 2 fois à la piscine. J'ai racheté des soupes chinoises pour ne plus manger que de l'eau. J'ai remplacé le Nutella par la confiture au ptit dej.

Je suis frustrée.

Et je cauchemarde sur le jour même où Mabroukhe devra sortir. Je ne veux pas qu'elle sorte. J'ai trop peur qu'elle rejoigne sa soeur. Je veux qu'elle reste dans mon ventre à portée de toutes mes caresses et des bisous de son papa.

Le bonhomme Michelin, je crois que t'as du boulot pour vendredi, prépare-toi.

07.02.2009

Et tant pis pour les autres

Depuis mercredi dernier, j'étais très contrariée.

Contrariée que les gens me demandent toujours si j'attendais mon 1er enfant (qu'est ce que ça peut leur faire ?), oui, où est mon 1er enfant, au cimetière, ce sont les choses de la vie, oui je sais.

La MC commence doucement à apprendre la diplomatie et me dit "Je sais que ce n'est pas facile mais peut-être que pour les gens tu devrais dire que c'est ton 1er, même si on sait tous que ça ne l'est pas."

Là où je dis qu'elle commence seulement à apprendre la diplomatie, c'est qu'elle a rajouté "Ca rend les gens mal à l'aise."

Jeudi soir, une copine (et c'est toujours une copine, le sujet du jour n'étant pas ma différenciation des formes de l'amitié) me soutient mordicus que j'attends actuellement mon 1er enfant, que c'est une discussion médicale que d'affirmer que ce n'est pas le 1er.

Evidemment, ça me fait très mal ce qu'elle a dit. Mais si je ne l'accule pas, c'est que premièrement je sais qu'elle doit souffrir d'un gros problème psychologique dans la négation de la maternité et que ça la rend certainement plus malheureuse que moi, mais que surtout, sa pensée est celle que je ressens être celle de la population étrangère. Celle que j'abhorre en ce moment, celle qui me terrorise.

L'été dernier, je sentais que je devais presque m'excuser de rire, de boire, de faire la fête, d'avoir des projets, de vivre.

6 mois plus tard, je sens que je devrais presque m'excuser d'être encore triste, très triste. Comme si à l'instar des trains, un bébé pouvait en cacher un autre, que ma fille aînée devait passer aux oubliettes pour laisser place à la seconde. Alors que quand les enfants sont vivants, clairement le deuxième n'efface pas le premier et heureusement. Dans un cas comme le notre, c'est pareil.

En ayant eu quelques témoignages de mères qui ont perdu leur enfant, la seule chose commune, c'est que la perte d'un enfant, c'est toute la vie. On peut toujours rebondir, continuer sa vie, lancer des tonnes de projets, il y aura toujours ce manque.

Biscotte et moi l'avons très bien compris, on le sait et on ne lutte pas contre, on vit avec.

Biscotte s'est déjà reconstruit une petite bulle de protection envers les autres, ces ignorants, ceux qui pourraient être mal à l'aise par leur conception de la vie et de la pudeur mais que c'est leur problème et pas le notre.

Peut-être le fait d'avoir repris plus tôt le travail et de ne pas avoir des hormones en folie.

Moi, je n'ai plus de petite bulle pour me protéger, je n'arrive pas à la reconstruire, je suis encore beaucoup trop fragile, alors je me sens agressée tout le temps, encore plus triste du coup.

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