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déprime

  • La vache exorciste

    Encore une nouvelle journée qui commence. La J moins 74.

    Oui, j'ai décidé de compter en jour, au moins ça évolue tous les jours, je suis d'une logique implacable, je sais.

    Et ça permet d'avoir un truc à penser le soir quand je me morfonds seule au fond de la couette, tiens il faut que je décompte une journée.

    Parce qu'il fut un temps où j'avais un boulot, j'étais fatiguée et j'avais une nature de marmotte, alors le soir, je suppliais le Biscotte de venir dormir en même temps que moi. Privilège accepté royalement 2 jours par semaine.

    Maintenant le Biscotte a un travail, il se lève tôt, il doit aller à Paris tous les jours, il rentre, il est fatigué. Moi, j'ai glandé toute la journée ou sinon j'ai fait une sortie, j'ai vu des gens et j'ai forcément envie d'en parler. Et j'ai toujours envie de parler le soir.

    Mais à 23h, le Biscotte, il dit qu'il faut aller au lit. Ca, c'est facile, puisqu'en général, j'y suis déjà en baleine échouée. Mais après, il dit qu'il faut dormir. C'est là que je rigole, parce que j'ai pas du tout, mais pas du tout envie de dormir. Mais je n'ai pas le droit de parler non plus, parce que monsieur est fatigué et veut dormir. Mais il n'est pas content si je cafarde.

    Sauf que me mettre au fond d'une couette dans le noir sans aucune envie de dormir, ça rumine forcément à l'intérieur. Alors le Biscotte déploie son humour de pape et me dit que je n'ai qu'à penser à rien. Je ne sais même pas où il a pêché ça, croire qu'une fille ça peut arrêter de penser comme ça, je ne sais pas, il doit fumer des trucs illicites en cachette.

    Les seuls moments où à la rigueur je ne pense à rien, c'est quand je fais du sport. Sauf que là, à 23h au fond de la couette, je n'ai pas le droit de bouger non plus, puisqu'il faut dormir.

    C'est comme une nana du 2ème congrès des Elephantes Women (CEW) qui a décidé de se mettre à la sophrologie pour apprendre à se relaxer et respirer et qui me demandait si je comptais suivre aussi les cours. Que nenni, je suis très réaliste sur mes capacités à ne jamais me relaxer et à flinguer toute tentative de méditation positive.

    Dans le Elle de cette semaine, ils disaient que pour arrêter de ruminer des pensées négatives, il fallait les écrire sur un journal intime. Sauf qu'à 23h au fond de la couette, je n'ai pas le droit de sortir le pécé et de me mettre à taper le flot des mes pensées désespérées et désespérantes, il faut dormir.

    J'ai bien essayé de m'esquiver en douce me planquer dans le salon, la chambre de Mabroukhe, la cuisine, la salle de bains dès que je croyais que le Biscotte dormait mais ça ne marche pas. Parce que la porte de la chambre fait du bruit en s'ouvrant et qu'ensuite, mon pas de baleineau couplé avec mon craquement d'orteil inévitable (se casser l'orteil à 14 ans entraîne un craquement du dit orteil pour le reste de la vie dès qu'on marche pieds nus, c'est juste bruyant, pas douloureux), le Biscotte croit que je suis partie bouder et être malheureuse dans mon coin.

    Et le Biscotte préfère me savoir malheureuse juste à côté de lui. Comme ça, si un flot de larmes jaillissait, il peut dans un sursaut d'énergie latente me serrer dans ses bras. Sinon, je dois me taire, essayer de dormir et rester tranquille.

    Ma vie est très difficile.

    Des fois, j'ai quand même le droit de choper la DS et de faire du Scrabble en silence.

    D'ailleurs hier soir, j'ai gagné au bout de la 3ème partie. Et j'arrête toujours sur une victoire. Mais je n'étais pas assez fatiguée pour dormir après.

    Mais j'ai été sage et j'ai attendu, attendu et j'ai dormi. Un peu.