Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

deuil

  • Ce n'est pas la journée mais l'espoir renaît

    Il y a ces gens qui nous appelle, qui sont tellement tristes que l'on se retrouve à les consoler, à leur dire toutes les phrases qu'on aimerait que l'on nous dise à nous.

    Il y a ceux qui nous coachent façon GO du Club Med, avec leur GO GO GO, faut pas se laisser aller, y a des psys, faut sortir, reprenez du poil de la bête, etc ... euh deux secondes, c'est tout récent quand même, hein.

    Il y a ceux qui envoient juste un petit texto ou un petit mail, qui nous fait pleurer certes, mais qui ne s'étalent pas, et ça veut juste dire qu'ils pensent à nous.

    Il y a ceux qui font une gaffe parce que personne ne pouvait les prévenir, mais après ils envoient un petit message, et on ne leur en voudra jamais de nous avoir félicité, parce que mine de rien, entre 5h30 et 10h50, j'en ai bien souffert, et aussi surtout parce que notre bébé est la plus belle du monde, malgré tout.

    Il y a ceux qui nous appellent et qui nous parlent normalement, et ça fait un bien fou.

     

    Et il y a ceux qui restent muets. Je sais, mieux que personne, que c'est dans les moments difficiles que l'on voit la vraie sympathie des gens. Le silence est pire que tout. Mais je m'en fous.

    A deux, on est plus fort. Et avec les gens sincères, encore plus. 

  • Réflexion de biscottes

    Un enfant qui a perdu ses parents, c'est un orphelin.

    Un mari ou une femme qui a perdu son conjoint, c'est un(e) veuf(ve).

     

    Un papa ou une maman qui a perdu son enfant, c'est juste ... triste. 

  • Quelqu'un nous a dit

    - Que je n'étais pas très courageuse de ne pas vouloir me lever le lendemain d'une césarienne. Et d'un deuil.

    - Qu'on souffrait toujours d'une césarienne même après 3 ans. Je préfère croire mon médecin qui me dit que c'est faux. 

    - Quelqu'un au guichet d'une mairie a donné un carnet de santé à Biscotte, sachant pertinemment qu'il passait immédiatemment au guichet des décès. On appelle ça une grosse gaffe, je crois.

    - Que ce n'était pas de ma faute.

    - Qu'après une césarienne, on avait automatiquement une césarienne pour les suivants. C'est archi-faux.

    - Que, promis, cette année, je serais tri gestes et primipare. Stricto sensus, c'est vrai. Cela dit, je suis toujours sans enfant. Et c'est bien ça le plus malheureux.

    - Que j'étais jeune. Bizarrement, on m'a déjà dit ça l'année dernière pour la fausse couche, et ça ne m'a jamais rassurée. Je m'en tape de pouvoir dire qu'à 28 ans, je rempilerai pour une 4ème grossesse. Jeune ou vieille, la douleur est la même. Oui, j'ai plus d'essais encore en stock. Mais vous croyez vraiment que les curetages et les césariennes, c'est mon dada ? Non mais franchement. 

    - Qu'on avait encore le droit de sourire et de rire. Même si des personnes extérieures pourraient nous en vouloir. Oui, on en a le droit. Et évidemment, qu'on le prend ce droit. Sinon, on pèterait un plomb très très très rapidement. Juré.

    - Qu'on serait en colère contre la terre entière et particulièrement les femmes avec bébé. C'est un peu vrai. Ca dépend des bébés. Ca dépend finalement des gens. Bien sûr, j'ai arrêté de lire tous les blogs de nanas qui allaient bientôt accoucher, surtout celle qui a accouché quasi en même temps que moi, d'une petite fille, qui est toujours vivante, elle. Et puis, je suis très en colère contre ma cousine, je dois dire. Celle qui a annoncé sa grossesse à 2 mois juste en même temps que moi, qui était à 4 mois et qui avait bien attendu d'avoir écarté le risque de fausse couche du 1er trimestre. cette inconsciente qui faisait encore du motoculteur à 7 mois de grossesse et qui va accoucher, je suis sûre, sans aucun stress, d'un bébé en parfaite santé. La vie est tellement injuste. J'ai eu un enfant. Pendant 3 heures. 3 si petites heures que je n'ai pas vu passées car j'étais dans le coltar complet à gerber les effets de la péridurale, à n'avoir que de temps en temps les paroles d'un Biscotte, paroles que je ne comprenais pas, que j'ai réalisées que 2 jours après. Que oui, c'était fini. Qu'elle était partie.

    - Qu'on serait en colère contre la terre entière et indistinctement de proches qui allaient l'être moins. Oui, c'est vrai. Oui, des fois, on a l'impression de passer notre temps à rassurer les gens, à les consoler. Alors, que pourtant c'est notre tristesse, elle n'appartient qu'à nous. Pourquoi certaines personnes nous la vole ? Pourquoi on nous parle avec une voix d'enterrement ? Pourquoi on nous regarde les yeux tout embués ? Pour qu'on se sente coupable ? Coupables de vous rendre triste ? Coupables qu'elle ne soit plus là ? Si nous l'avions faite, ce n'était que pour nous. Même dans la douleur, j'ai du mal à la partager. J'ai envie de dire "Laissez-la moi et vivez votre vie indépendamment de nous". C'est totalement égoïste, je l'avoue, mais j'ai assez à faire avec ma tristesse pour ne pas avoir à gérer celle des autres. 

    - Qu'on serait en colère l'un contre l'autre, que notre couple allait battre de l'aile. Y en a même un qui a anticipé en invitant Biscotte à venir se ressourcer chez lui. J'espère évidemment que ce moment ne viendra pas. Mais pour l'instant, on est toujours solidaire et c'est certainement comme ça que l'on tient. Et à vrai dire, plus que ma propre tristesse, c'est celle de Biscotte qui me fout en l'air. Et cette impuissance à laquelle je ne peux faire face. Je sens son malheur, et je sais qu'il ne m'en veut pas, et j'aimerais tellement pouvoir être coupable de quelquechose et pouvoir essayer de réparer. C'est impossible. Il est malheureux, comme je suis malheureuse, et ça nous ronge, ça fait horriblement mal des fois. Puis on survit.

    - Que la tristesse se transformerait en nostalgie. Ca arrive parfois. Mais à peine deux semaines après, surtout le soir, je confirme que c'est encore une tristesse infinie qui nous envahit, ce sentiment qui nous fait tellement pleurer, qui nous vide intérieurement, qui nous épuise et nous rassénère.

     - Qu'on avait toutes les chances de s'entendre dire dans 3 semaines que c'était un accident. Imprévisible. Inévitable. Irréparable. Comme il en arrive que deux par an sur 1000 naissances. Je n'échappe jamais vraiment aux statistiques. C'est l'ironie du sort. A 12% de fausses couches, comment pouvais-je y échapper ? A 2/1000, que me reste-t-il pour espérer maintenant ?