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fille

  • Désintégration volontaire

    Engager une conversation avec une fille n'est jamais évident. On parle souvent du pauvre mec qui veut draguer et qui ne sait comment s'y prendre, la faire rire, lui dire un truc intellectuel ou lui demander de le sucer, mais à vrai dire, on s'en moque, moi je veux parler d'une fille lambda qui rencontre une fille lambda et qui doit lancer une conversation pour tenter de faire amie-amie pour le bonheur public et la bonne ambiance de la soirée où elles se retrouvent toutes les deux.

    Le problème quand deux filles se rencontrent c'est que potentiellement elles peuvent ne pas du tout avoir les mêmes sujets de conversation, les mêmes références et j'en passe.

    Il y a longtemps qu'on m'a fait comprendre que je ne pouvais pas être naturelle quand je rencontre des gens. Parce que ça peut piquer visiblement, spécial dédicace.

    Pour faire court, je tente l'approche fille à base d'un compliment sur sa tenue, son sac, son rouge à lèvres, etc ... Un truc sincère quand même, faut pas déconner, ce n'est pas mon genre d'aller dire à une fille que je connais pas que son vernis vert étoilé est top, faut pas pousser mamie dans le caniveau non plus.

    Le problème, c'est que deux fois, ça m'est arrivé que la dite fille me réponde : "Oui, mais c'est cher".

    Le hic, c'est qu'avec ce genre de phrase, la communication est irrémédiablement coupée. Parce que j'ai beau faire et retourner le truc dans tous les sens, qu'est-ce tu veux répondre à ça ?

    Déjà, ça veut dire quoi ?

    Je peux faire ma snob intello à deux balles mais la richesse d'une chose est totalement subjective puisque sujette à une opinion personnelle. Que veut dire la fille quand elle me répond que son bien est cher ?

    1. Que ça lui a coûté une blinde par rapport à son aisance financière ?

    2. Que ça me coûterait une blinde par rapport à l'aisance financière que je fais passer par mon look ?

    Dans le premier cas, j'aurais compris une réponse à base de "ouais, je me suis ruinée pour mais j'en suis trop contente". Alors, la conversation aurait pris une tournure passionnée sur ses goûts et mon compliment n'aurait pas servi à rien.

    Ou sinon, une réponse à base de "ouais je me suis ruinée pour et j'en suis déçue". Alors la conversation aurait pris une tournure constructive du pourquoi de la déception.

    Dans le deuxième cas, je comprends un rejet de mon compliment par une attitude snob et déplacée. Mais comme je suis une fille qui essaie de ne pas voir le mal partout et qui est plus ou moins renseignée sur la personne à qui elle s'adresse, je sais que je ne m'adresse pas à crésus donc je retourne au premier cas sus-cité.

    Mais comme je n'ai pas eu le sentiment ressenti par rapport au prix de la chose, je ne peux que rester interloqué face à cette fin brutale de conversation. Parce que si je demande tout de go pourquoi la fille me dit ça, je passe au choix pour une débile qui ne comprend rien ou pour une snob qui ne comprend pas non plus, au pire pour les deux.

    Et comme je n'aime pas trop être débile, mon niveau d'auto-satisfaction étant naturellement assez pitoyable, je n'ai pas envie que d'autres le fassent descendre, je me mets en mode qui veut être sympa.

    Et je m'enfonce : "ah bon, tu l'as acheté où ?"

    Et à chaque fois, la réponse d'un achat dans une enseigne de mass-market pour middle-class, le truc qui n'est pas cheap, mais pas vraiment luxueux non plus. Pour continuer dans les anglicismes, je ne ferais pas de name-branding puisqu'on me l'a reproché.

    Alors sans doute, je suis snob parce que j'aurais préféré une des deux réponses diamétralement opposées.

    1. C'est de la haute-couture, édition limitée, vraiment très cher pour le commun des mortels.

    2. Je l'ai déniché dans une enseigne hyper confidentielle entre 2 trucs méga moches.

    Dans les deux cas, une sorte de shopping-réussite justifiant le caractère cher par la qualité rare de l'objet en question.

    Mais non, je passe pour la fausse parisienne blasée d'un centre commercial lambda mixant allègrement l'incompabilité de la vente de masse et de l'élitisme des produits.

    Pour arrêter le triturage de cerveau, peut-être que ces filles sont sympas et fun, mais rien ni personne ne m'obligera à essayer de continuer à lier connaissance avec l'impression désagréable qu'on m'oblige à me coller les yeux devant le blog d'une cagole qui se prend en photo dans ses fringues Promod et Naf-Naf en indiquant les prix de ses achats.

    Le look n'est-il pas une question de goût plutôt que de prix ? Je ne suis pas contre parler thune, tu peux me demander mon salaire, on peut discuter prix de la saucisse ou d'appartement rive gauche, des disparités sociales, du statut des fonctionnaires, des avantages sociaux des différentes professions, de la difficulté d'être smicard, du comportement du cadre commercial pavillon/4*4/gros chien face à l'assistante de direction 2pièces/clio/vibro et j'en passe.

    Mais entre une fille qui dit "oui mais c'est cher" et un mec qui drague en disant "je gagne 1800 par mois + primes + voiture de fonctione et ticket resto", quelle différence ?

    Moi je ne sens aucune ouverture d'esprit vers l'autre, je sens un égocentrisme forcené, une mise en avant de soi, un comportement autocentré et autosatisfait. Comment pourrais-je en réponse avoir envie de continuer une exploration sociale face à ce refus obstiné d'ouvrir les yeux sur le monde extérieur ?

    Le fin mot de cette histoire est que je ne peux pas m'intégrer dans un groupe qui n'est pas prêt à intégrer ceux qui sont différents d'eux. Ca va dans les deux sens, j'ai franchement fait des efforts, maintenant c'est indifférence totale. Je ne suis pas méchante, je pourrais dire FUCK.

    Ah oui tiens, FUCK, c'est bien ça, FUCK, FUCK, FUCK.

  • Le pragmatisme masculin

    Contons une petite histoire.

    Il était une nana fraîchement célibataire dont le peuple ne souhaite que du bonheur et se trouve donc fort dépourvu face à cette situation.

    Cette nana recroise une fille qu'elle n'a pas vu depuis longtemps alors qu'elle la voyait très régulièrement avant.

    La fille : Ah salut, comment ça va ? ça fait longtemps ! Qu'est-ce-que tu deviens ?

    La nana : bah ça va mieux, j'ai eu quelques problèmes de santé.

    La fille : Ah ouais, tant mieux. Tiens, y a mon copain qui m'a demandé de tes nouvelles.

    La nana : ah c'est gentil. Et comment ça va toi ?

    La fille : oh bof pas trop. Pis avec mon copain, c'est pas top le couple en ce moment ...

    La nana me narre cette histoire.

    En tant que fille pragmatique, je lui suggère qu'il y aurait peut-être possibilité avec le dit copain de la fille, car c'est quand même étrange qu'un mec qu'elle voit hyper rarement demande de ses nouvelles, alors que la fille en question n'en demande même pas alors qu'elles sont censées se voir régulièrement.

    La nana me dit que je me fais des idées. Soit, j'ai peut-être mal compris dans mon esprit pragmatique.

    Je narre cette histoire à un spécimen tout ce qu'il y a de plus bassement masculin option bière et match de foot, vive l'om et j'en passe.

    Le spécimen masculin me laisse à peine le temps de finir mon récit et sort tout de go :

    "Putain(g), elle veut qu'on lui envoie un fax ???"

    La chose ne fait aucun doute pour lui, il y a baleine sous gravillon, tout être couillu ne demande pas des nouvelles d'une fille qui ne l'intéresse pas, c'est un fait pratique.

    Je suis donc rassurée quand à ma condition féminine à hésiter sur le pourquoi du comportement masculin, et suis contente d'avoir un spécimen masculin pour éclairer mes doutes et renforcer un peu plus mon pragmatisme.

    Evidemment, ne connaissant pas tous les tenants et les aboutissants des protagonistes, le spécimen masculin et moi n'avons qu'une vue tronquée et forcément faussée des choses.

    Quoique.

  • Le dawa

    En fait, je ne suis pas une fille organisée.

    Je suis une fille qui a de la mémoire. Sauf quand la mémoire sature.

    Et là en ce moment, vu que c'est un peu la fête du slip des évènements en tous genres, ça fait un bail que je me dis qu'il faudrait que je m'achète un agenda ou un organiseur, histoire de noter les rdv ou les trucs à acheter.

    J'ai cherché. Fnac, Printemps, Chaise Longue, Auchan, j'ai tout fait. Et on m'a dit : "ah ben non, on vend plus d'agendas au mois d'avril".

    En l'occurrence pour les organiseurs, vu que c'est rechargeable, je ne voyais pas bien le problème. Mais bon, du coup, j'avais toujours plein de trucs dans la tête, et plein de trucs en dehors de la tête.

    Mercredi dernier, je plaidais donc mon cas à Mamour qui m'a fait cadeau d'un agenda publicitaire car je lui ai avoué mon incapacité notoire à prévoir le syndrôme pré-menstruel.

    N'empêche que ça fait quand même deux jours que j'oublie de prendre des tampons pour partir au boulot, alors l'après-midi, je compense mon protège-slip avec du pq et j'ai pourri mon deuxième jean et j'ai les jambes bien fermées.

    Je vais peut-être finir par acheter une coupe histoire d'être peinarde toute la journée de boulot sans avoir à penser à quoique ce soit de ce genre.

    J'aime pas trop être une fille, finalement.