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gyneco

  • Le choix du médecin

    Quand je regarde encore la liste des pages jaunes, je me demande encore et comment j'ai fait mon choix pour tomber sur Barack Obama.

    Pour le médecin généraliste, je ne m'en souviens pas bien, mais globalement j'ai pris le plus près de l'appart qui m'a répondu ok pour un rendez-vous (Marilouuuuuu) et qui avait un nom qui me plaisait.

    C'est donc à partir de ce moment-là qu'on va me traiter de raciste.

    M'en fous, j'assume.

    Non mais franchement, comment on décide d'aller voir plutôt l'un qu'un autre ?

    Moi, je prends le bottin. Je choisis l'endroit où je le veux.

    Par exemple, pour le médecin généraliste, il devait y avoir environ une centaine dans l'arrondissement où on était. J'élimine les gonzesses, j'aime pas ça, c'est chiant, c'est acariâtre, ça te juge, non merci. C'est une grosse généralité, je sais, mais moi, je ne veux pas d'un médecin féminin. Déjà que je n'aime pas les médecins, si en plus, faut que ça soit un être menstrué, ça va pas la tête ?

    Une fois éliminée l'engence féminine, j'enlève tous les noms à consonance étrangère parce que je ne peux pas savoir à l'avance s'ils vont bien comprendre mon français à moi. Et j'aime me faire comprendre. Le problème, là, c'est que finalement quand on cherche bien, tous les noms ont une consonance étrangère, il y en a pas 10 000 des médecins qui s'appellent Martin ou Dupont. Alors j'accepte les noms à consonance italienne.

    C'est pour ça que mon médecin généraliste a un nom d'origine polonaise. Parce que moi, quand ça finit en "i", c'est corse ou italien. Bon ben là, il est polonais, mais je ne lui en veux pas puisqu'il est gentil. Et qu'il fait plein d'arrêt maladie.

    Et parce qu'il avait un prénom satisfaisant. Parce que je sélectionne aussi sur le prénom. En même temps, sur le bottin, à part l'adresse, le nom et le prénom, c'est tout ce qu'il y a. Donc oui, j'élimine aussi les prénoms mixtes, normalement. Sauf mon médecin généraliste, parce qu'en fait je ne me suis plus souvenue que c'était un prénom mixte. En fait, il a eu beaucoup de chances de m'avoir celui-là quand on y pense !

    Par exemple, j'ai essayé un médecin généraliste qui s'appelait Gilles. Je n'ai rien contre les Gilles, je les aime bien ceux que je connais, mais il faut reconnaître que je ne leur confierais pas ma santé. Et là, j'ai encore eu raison, le médecin Gilles s'est avéré avoir un cabinet et une tête de tueur psychopathe, même Biscotte l'a avoué, je n'y suis pas retournée.

    Par contre, Barack Obama. Bon déjà, dans mon arrondissement, il n'y avait que des femmes gyneco obstétricien (j'en cherchais un parce que j'étais enceinte). Je suis donc passée à l'arrondissement d'à côté. Je me souviens d'en avoir sélectionné deux, avec des prénoms satisfaisants à savoir franchouillard d'homme d'entre 40 et 60 ans (alors oui je sais, on peut trouver des Léon de 25 piges mais c'est très rare, et il faut avouer qu'un René ou un Henri a statistiquement 10 à 20 ans de plus qu'un Pascal ou un Daniel). L'un avec un "Z" dans son nom et l'autre qui finissait en "i". "Z" n'a pas répondu, c'est tombé sur "i" aka Barack Obama, qui est bien d'origine italienne, mais finalement plus bretonne qu'italienne.

    Barack Obama, il m'a plu parce qu'il ne s'est jamais laissé démonter par mes questions, et je ne suis pas tendre avec les médecins (j'aime pas ça) et qu'il a été honnête. (Et qu'en plus, il s'avère qu'il accouche dans une des meilleures cliniques de Paris, c'te chance) (Vous vous rendez compte qu'il y a des gynecos obstétriciens qui se font payer 60€ la consultation et qui ne se rendent pas aux accouchements de leur patiente si ce n'est pas dans leurs heures de consultation ???) (Ben Barack Obama, il se fera réveiller à 2h du mat par la sage-femme si je décide d'accoucher et il rappliquera ses fesses dans la 1/2h et n'importe quel jour, sauf si il est en vacances, mais là il prévient à l'avance, genre l'année dernière, je savais que je ne pouvais pas accoucher 2 week-end avant le terme car il allait faire la chouille en Normandie).

    Quand il m'a annoncé que j'allais devoir passer à l'étape fausse couche, ce n'était pas drôle et il a accepté mon refus de prendre le médoc parce que je ne voulais pas accepter la non viabilité de mes embryons. Puis il a accepté que je vienne l'emmerder pendant sa garde à la clinique le lendemain pour réclamer ledit médoc. Puis, quand on a vu que le médoc ne marchait pas du tout (une boîte complète de cytotec quand même), il m'a fait passée en urgence sur son planning, il a été adorable pour le curetage (ceci dit rien qu'avec une anesthésie, j'étais mieux lotie que pour mon ivg) et il a accepté mon sale caractère tout court.

    Alors je n'ai pas changé pour notre ange. Et je n'ai toujours pas changé pour Lapinette. Je crois que quand une relation de confiance s'installe entre un médecin et un patient, il ne faut pas chercher à aller ailleurs malgré tous les évènements négatifs qui ont pu se passer.

    Des fois, j'entends des histoires de filles qui perdent un enfant et leur médecin se terre, ne leur dit pas ce qu'il s'est réellement passé, elles sont seules avec leur désarroi. Et elles sont obligées d'en trouver un autre parce que ce n'est pas possible de continuer avec quelqu'un qui n'assume pas.

    Barack Obama a été très perturbé par la mort de notre ange. Et pourtant, il a toujours tout assumer. Il a été se remettre en cause auprès de ses collègues, il a tout transmis le dossier à un service d'autopsie, et il a accepté de suivre Lapinette. Alors Barack Obama, il est petit, il est italo-breton, il parle très fort et il coupe la parole quand il est contrarié, il a des allures de bourge qui nous font rire, et même si c'est son ego macho démesuré qui le rend si fier, il assume son métier avec conviction.

    Et aujourd'hui, je suis allée voir un dentiste. Le problème c'est que dans mon village, t'as pas le choix et je n'allais pas faire 40 bornes pour un dentiste, c'est pas mon utérus que je lui confie non plus. Je n'ai jamais trouvé un dentiste correct en région parisienne pour le moment. J'ai eu le juif berbère qui te tape dans le dos et t'appelle "Ma chérie", j'ai eu le gars au nom super franchouillard mais aux cheveux gras et au cabinet hypra-bordélique qui te fait revenir 12 fois pour combler tes sillons, ben voyons.

    Alors j'ai tenté quand même, parce que ça faisait plus de 2 ans que j'avais abandonné ces histoires dentaires et parce que Biscotte, il a encore dit que j'avais une carie. Ce qui n'est que de la pure jalousie, car je n'en ai jamais eu de ma vie.

    Bon, c'était pas le dentiste le plus fun du monde, il a même essayé d'insinuer que j'avais déjà eu une dévitalisation de dent (mais c'est si rare quelqu'un de 28 piges à 28 dents qui n'a jamais eu ni caries, ni couronnes, ni plombage, ni je ne sais quelle autre barbarie dentaire ???), et il a dit que peut-être éventuellement, dans 3 mois, il faudrait faire un bilan radio voir si je n'ai pas une carie cachée, j'ai même eu l'impression que ça lui ferait plaisir.

    Alors, oui j'ai des gencives pourries, j'ai deux dents qui sont tellement mal placées (vive 3 ans d'orthodontie pour rien, ah si une machoire déboîtée, que le docteur Raoul aille moisir dans un enfer de chicots) que ça me fait mal si je mange une entrecôte ou du pain.

    Et en fait, je ne mange pas de pain.

    Et l'entrecôte, j'ai qu'à la manger à gauche, je suis d'un con des fois.

    Bon alors, le dentiste a été validé, j'y retournerais.

    Quand j'aurais le temps.