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hypnopompique

  • Y pas qu'Anouchka qu'est dingo

    13h30, j'essaie d'appeler ma mère, ça ne répond pas.

    J'attends au soleil allongée sur mon lit.

    Tiens j'ai du m'endormir. Mais que se passe-t-il ?

    Je suis devenue partiellement aveugle, je n'arrive pas à ouvrir les yeux entièrement, j'aperçois des bribes de ciel bleu. Je n'arrive pas à bouger mes jambes. Je n'arrive toujours pas à ouvrir mes yeux en entier. J'entends la radio au loin, c'est un bon signe. Je suis bien dans mon appart actuel mais sur le couvre-lit et le lit de mon adolescence. Je délace mon cache-coeur, mais non je n'arrive toujours pas à ouvrir mes yeux et je ne peux pas bouger, je suis complètement coincée, paralysée. Je panique.

    J'entends toujours la radio, je me dit que c'est une bonne chose, je ne suis pas sourde.

    J'essaie d'attraper le téléphone et de composer le numéro de ma mère à l'aveugle. Je n'y arrive pas, je confonds les chiffres.

    Je pense à Biscotte qu'il me verra comme ça ce soir. Je pense que je suis peut-être morte en fait. Je me dis que ce n'est pas possible. J'abandonne d'ouvrir les yeux. Et d'un seul coup, ma paralysie se débloque.

    J'ouvre grand les yeux, je ne porte pas de cache-coeur, je suis bien sur mon lit actuel, sur la couette normale, le téléphone n'a pas bougé et il est 16h.

    J'appelle ma mère et je lui confie ma panique. Mon père me parle de paralysie du sommeil en état hypnopompique. Il a lu ça quand il était à l'hôpital la semaine dernière.

    C'est exactement ça. C'est hyper flippant.

    J'ai trop peur de me rendormir ce soir.

    J'ai trop peur de virer narcoleptique, même s'ils écrivent qu'une personne sur 5 a vécu ça au moins dans sa vie.

    J'ai arrêté les anti-dépresseurs, je ne compte pas en reprendre de sitôt.

    Je suis traumatisée.

    Gens de ma famille, va falloir arrêter de passer votre temps à l'hôpital, d'avoir des accidents de la route, de perdre un enfant (ah non ça c'est moi), ...

    Comme dirait Jean-Pierre Bacri, mon kiné du coude, "C'est une mauvaise année, non ?"

    Je le confirme, ce sera mon dernier mot, Jean-Pierre.