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pot de yaourt

  • Le monde est trop petit

    Voyez-vous, j'ai changé de mission depuis le début de la semaine. Pour simplifier (beaucoup), on va dire que je bosse désormais dans le pastis. Comme dirait la MC, elle ne m'a pas demandé si c'était bien car si ça ne l'était pas, je lui aurais dit plus vite. Et c'est vrai que j'avais décidé de laisser sa chance au produit. Non pas que je sois fan de ce pastis là, mais pourquoi pas, les gens paraissent de prime abord sympathiques, même si le côté pisseur de code dans le pastis me laisse légèrement pantoise.

    Mais, parce qu'il y a un mais, je viens d'apprendre qu'une personne va venir me rejoindre pour travailler à mes côtés sur le pastis. Une personne avec qui j'ai déjà travaillé presque deux ans dans les petits pois et avec qui je n'ai vraiment aucune envie de travailler. C'est une personne très gentille, très aimable mais aussi très tire-au-flanc et très incompétente. Alors je sais bien qu'il y a des boulets dans chaque société et que se défaire d'un boulet, c'est très difficile donc il faut quand même essayer de faire travailler les boulets, mais si j'avais envie de faire samu social, ce ne serait certainement pas dans une société de pots de yaourts.

    Par ailleurs, mon cheminement personnel de projet professionnel avance tout doucement dans ma tête. Certainement qu'il se précise mais dans les faits, il n'y a toujours rien. On verra avec le PTH ce soir.

    Mais aussi, j'avais alerté les syndicats de ma société sur le cas de mon manne à djeure très con. Après avoir reçu différents conseils de la part de tous les syndicats, j'avais pris ce dont j'avais besoin à savoir la loi du 23 mars 2006 sur l'augmentation des femmes en retour de congé maternité (loi contournée par la circulaire d'application du 19 avril 2007 donc chou blanc) et j'avais remercié tout le monde de son soutien en disant que j'avais changé de manne à djeure et que je laissais tomber le cas de l'ancien.

    Les syndicats ont manifestement besoin d'histoires à se mettre sous la dent puisqu'un délégué a cru bon d'interpeller toute la direction générale sur mon histoire à moi. Pour les syndicats, ils trouvent ça génial, la direction générale va donc avoir à l'oeil mon ancien manne à djeure. Par contre, moi, ce qu'ils ne voient pas, c'est qu'aussi que la direction générale va m'avoir à l'oeil et que mon bilan de compétences n'a toujours pas été accepté.

    Fuck, comme on dit par chez nous.

  • Conclusion : chaque revers a sa médaille

    J'ai toujours estimé qu'entre l'entreprise et moi, petit pot de yaourt, il y avait des règles du jeu. Et que ces règles du jeu étaient délimitées par le contrat de travail. Que l'on soit pot de yaourt ou statisticien ou chargé d'analyses commerciales ou tout autre nom pompeux de métier, le salarié reste le jouet de son patron.

    En tant que PDY, j'ai signé un contrat de travail qui stipule une mobilité régionale. Et la région parisienne est grande.

    Je sais que d'autres PDY contournent cette clause en arguant que si on les envoie à DTC de l'autre côté de chez eux, c'est qu'on estime qu'ils ne valent pas la peine de rester dans l'entreprise et font aussi sec ce que j'appelle le chantage à la démission.

    Par fierté et par principe, je ne fais jamais de chantage à la démission. Je démissionne, point. Casser son contrat de travail aka les règles du jeu parce que le patron, pour une fois, les respecte, ça me paraît insensé.

    Que peux-tu répondre à un patron qui te demande de rester jusqu'à 19h quand toi-même tu ne joues pas le jeu de la mission à DTC ?

    Moi, j'accepte les rdv clients à DTC et en échange c'est indemnités km et horaires du contrat de travail.

    Suite à l'entretien désastreux de mon point de vue à DTC Deep East, je n'ai pas manqué de faire part de mon sentiment à mon manne à d'jeure. La communication avec ses supérieurs peut quelquefois apporter du positif.

    Sans attendre la réponse de DTC Deep East, mon manne à d'jeure a unilatéralement décidé de couper l'herbe sous le pied du sup de co(n) et m'a envoyé me faire ré-aromatiser pendant une semaine pour que j'intègre un fort fée à DTC Near To Manhattan (NTM).

    En voyant le côté négatif de la chose, on peut arguer qu'il ne m'a pas demandé mon avis (ce n'est pas écrit dans mon contrat de travail), que j'ai débarqué à NTM sans savoir où j'étais ni ce que j'allais y faire et que NTM est grosso modo aussi loin que DTC Deep East.

    En voyant le côté positif de la chose, on peut arguer

    1. mon manne à d'jeure a lu mon mail concernant la mission à DTC Deep East

    2. un fort fée consiste à intégrer sans entretien préalable une équipe de PDY qui n'ont qu'un seul but : rendre le travail demandé en temps demandé.

    3. dans un fort fée et à mon échelle de poste, je n'ai aucune interaction client, aucune pression d'horaires plus lourds que ceux de mon contrat de travail tant que le travail est fait, aucun code vestimentaire à respecter sinon celui d'un PDY commun de bas étage

    4. NTM à beau se situer au bord de voies ferrées au milieu d'un no man's land de bureaux sans vie particulière aux alentours, je n'ai absolument pas peur pour ma sécurité personnelle

    5. NTM possède un parking accessible même aux PDY et une cantine à tarif arrangé pour les PDY (grosso modo 8€ le repas)

     

    Voici comment depuis une semaine, je suis 4 jours par semaine dans des bureaux (trop) climatisés à faire semblant de lire des ppt et autres docs word car je n'ai toujours pas de poste de travail, pas de logiciel ananas installé, il n'y a d'ailleurs même pas de serveur ananas pour le moment et de toute façon, toujours rien à développer puisque le projet est en retard et que rien n'est encore décidé, donc pas de travail tout court. Et on est deux dans cette situation.

    Je suis relax.

    Pourvu que ça dure.

  • L'anti-corporatisme du pot de yaourt

    Exprimé comme ça, la vie d'un pot de yaourt (pour les gens un peu obtus, on dit con-sul-tant un fort matique) peut paraître bien triste.

    Sauf que nous qui avons choisi par défaut de devenir PDY mais par vocation de rester PDY, c'est le seul métier qui autorise à n'avoir aucune culture ou esprit d'entreprise.

    L'Enterpraïllze gagne des sous grâce à nous mais bien malgré nous. Le PDY au lait âcre n'en a absolument que faire du devenir de l'entreprise. Il veut juste un salaire, un boulot pas trop chiant, des horaires corrects et des RTT. Et tout ce qu'il sait faire, c'est rester sur un PC et développer des trucs.

    Evidemment, le PDY non vicié croit à tout ce que lui dit l'entreprise, il croit au cycle organisationnel RH, il est persuadé que kick-off, go-no-go, workflow, overview et TJM sont des vrais mots du langage courant. Ca ne le fait pas rigoler d'interrompre une question existencielle du type "Mais si tu te souviens on a fait l'overview du workflow en kick-off l'autre jour, on avait décidé quoi ?" en balançant "vous pensez qu'il faut faire un go-no-go ?" (Cette blague est tombée complètement à plat dès mon 1er jour ici, pourtant quand je l'ai racontée à Biscotte, lui a rigolé, c'était drôle, je précise).

    Car entre PDY, même si on ne fait pas du tout la même chose, même si on est citron-papaye-gingembre et que l'autre est citron-fraise-tarama comme CraintDegun, les termes "techniques" sont les mêmes, les processus sont les mêmes, les autres PDY sont les mêmes, les manne à d'jeur sont tous pareils, etc ...

    Le fait d'avoir un lait vicié permet d'avoir une discussion plus intéressante quand on est avec un autre PDY que de parler de la dernière mise en production et des anomalies qui en découlent, et du retard de la recette et blablabla. Genre Sandra Bullock ne louche-t-elle point un peu trop ?

    Le PDY est conscient d'être un PDY. S'il se fait virer d'un client, c'est pas grave, il y en aura un autre. Et sinon, on le ré-aromatise et on le revend. Le PDY peut dire fuck à qui veut, tant qu'il sait qui il doit lécher pour survivre correctement et s'assurer un avenir pépère.

    Le PDY sait qu'il est la base de l'entreprise, donc in-fine c'est lui qui a le pouvoir. Tout n'est que question de stratégie. La stratégie du moins pire.